ALBUMS DU MOIS PAR CÉLINE POLLET
La Féline "Wolf & Weels"
Le mini-album de la Féline s'ouvre sur le très efficace "Wolf and Weels" . On se laisse emporter par cette mélodie pop, agrémentée d'un clavier vintage, la voix cristalline de la chanteuse et les choeurs joyeux, qu'on continuera de fredonner encore et encore. Tout l'opus du trio navigue entre cette pop innocente, et des morceaux plus sombres, à l'instar de "La Nuit du Rat", mystérieux et inquiétant. Et pour finir en beauté, une folk sautillante vous emmène en voyage, à bord du réjouissant "Mystery Train"...
"Wolf & Weels" (BS Records) - sortie le 26 avril 2011
www.noomiz.com/lafeline
The Konki Duet "Let's Bonappétons"
Sous ce titre un peu saugrenu se cache un album pop, créé par un trio exclusivement féminin. C'est Kumisolo, Tamara et Zoé qui ont créé cet album envoûtant, aux mille facettes, "en pensant à des groupes de hard rock", disent-elles : cheveux longs et pantalons en lycra...
On notera le morceau "planète sauvage", chanté en japonais, et chargé d'émotion... Pop joyeuse, claviers eighties, guitares rock et rythmiques rapides, voix claires ou saturées, au service de mélodies punchy, voilà les ingrédients de ce menu plein de finesse. Alors... à table et bon appétons !
"Let's Bonappétons" ( Tsunami Addiction / Clapping Music) - sortie le 18 avril 2011
www.myspace.com/thekonkiduet
CRITIQUES CINÉ PAR SANDRINE BEYNE ET MICHAËL GABRION
RIO - sortie le 13 avril
Après un lézard (Rango), des rats (Ratatouille), des pingouins (Happy feet), des éléphants (Horton) et autres lions, zèbres, girafes et hippopotames (Madagascar), les nouveaux animaux animés à débarquer au cinéma sont des perroquets !
Arraché à son pays natal dès sa plus tendre enfance, le dernier Ara de son espèce doit y retourner pour féconder une femelle. Difficile à croire, mais cette vaste histoire de coucherie organisée, est destinée à toute la famille ! Comédie d'animation par les créateurs de la trilogie "L'âge de glace", RIO est en effet programmé pour marcher auprès du grand public. Déchainement de couleurs, rythme entrainant et personnages attachants, on y retrouve également la recette habituelle pour ce genre d'aventures exotiques : de la bravoure, de l'amour et pas mal d'humour. Autant d'ingrédients pour le moins familiers qui gâchent parfois notre plaisir, tant les rebondissements de l'intrigue en deviennent attendus. Il n'en reste pas moins un divertissement récréatif qui pourrait d'ores et déjà donner lieu à une suite. En attendant, certainement, de voir un nouvel animal débarqué prochainement sur grand écran.
TOMBOY- sortie 20 avril
On avait déjà repéré Céline Sciamma en 2007 avec son très beau "Naissance des Pieuvres", qui lui avait d’ailleurs valu le prix Louis-Delluc. Après l’écriture du scénario du film "Ivory Tower"» du performer musicien Gonzales l’année dernière, elle revient avec un 2ème film : "Tomboy".
Petit conseil, gardez-vous de lire quoi que ce soit sur l’histoire du film . Découvrez-le en ignorant tout de ce qu’il raconte, il n’en sera que plus troublant.
Plantons juste le décor : quelque part dans une banlieue Française, pendant les grandes vacances d’été, une famille et ses 2 enfants vient de s’installer. Un décor et une question, celle de l’identité sexuelle chez les pré-adolescents. Est ce une identité culturelle ou naturelle ?
Voilà, vous en savez assez pour aller voir ce film solaire, qui s’attaque à un thème trop rarement évoqué au cinéma.
NB : On se souvient que lors de la Cérémonie des César 2008, Jeanne Moreau avait remis son César d’honneur à cette jeune réalisatrice. Une fois de plus, Mademoiselle Moreau ne s'était pas trompée.
IL ETAIT UNE FOIS UN MEURTRE - sortie le 27 avril
Dans une petite ville tranquille d'Allemagne, une fillette est violée et assassinée. Vingt-trois ans plus tard, une autre disparait à l'endroit même où s'est produit la catastrophe passée. Que lui est-il arrivé ? L'histoire va-t-elle se répéter ? Incapable de répondre à cette énigme, la police enquête tant bien que mal. Manque de preuve, absence de témoignages, elle cherche, trépigne, et tourne en rond.
Sombre, très sombre, Il Était une Fois un Meutre se déroule pourtant durant un été caniculaire. Car ici les codes esthétiques du film noir classique sont inversés. Luminosité enivrante, couleurs chatoyantes, ralentis hypnotisants, le parti pris visuel plonge le spectateur dans une confusion des genres presque dérangeante, tant la recherche insistante d'images en rupture avec son sujet occulte parfois le sort de la fillette disparue. A la trame narrative du film se glisse ainsi une question subsidiaire inconfortable : esthétisme et tragédie peuvent-ils cohabiter au sein d'une oeuvre ? Une interrogation qui n'a sans doute pas fini de poser problème. Quoi qu'il en soit, le Jury du 3ème Festival International du film policier de Beaune a récemment choisi de décerner au film son Prix du Jury. Un choix lumineux, si vous voulez mon avis.
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